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25/06/2015

Brèves de femme - Le 25/06/2015

Pat Poker

La femme dit que l’homme est un animal. C’est sa misandrie « perso » qu’elle glousse entre copines, en terrasse, ou au téléphone depuis la cuvette des chiottes. « Il ne pense qu’à ca, il a une teub dans le cerveau. » Le même discours transposé à la femme est interdit au motif qu’il serait misogyne. Imaginer que La femme est une animale, elle ne pense qu’à ca, elle a une techa dans la tête ? Impossible. Mais où est passée l’égalité homme-femme ? Rigolo. (Je suis obligé d’user de leur vulgarité pour donner plus de culotte de cheval à ces brèves).

 

 

      Le femme maugrée sur ces hommes qui les abordent dans la rue. Ce sont des porcs ! – qui ont vite fait de devenir ingrats s’ils ne la regardent pas marcher en mini-jupe, la fesse bientôt à l’air. Elle affiche tout, car elle est libre n’est-ce pas, ce n’est certainement pas pour susciter le désir chez l’homme qu’elle se fait un plaisir de contrarier à mesure qu’il flatte le sien. Non non, pas du tout.

Sinon, l’homme, cet animal, va-t-il les couillons à l’air ? Arbore-t-il ses muscles saillants, torse nu, le cul monté sur des talons de conne ? Mais où est passée l’égalité ? Rigolo.

 

 

      Le femme larguée dit que l’homme est un connard, un lâche. Quoi qu’il fasse au moment de la rupture, qu’il prenne des pincettes, se montre lâche ou direct, il reste un sire odieux qui n’a pourtant fait que reprendre sa liberté. « Il a pas les couilles de s’engager ! » Bien que partir soit son droit le plus strict, la femme dit que son départ révèle une immaturité qui prolonge une adolescence dont il ne sortira qu’en couple. La femme a dit !

      La femme quittante ne s’embarrasse de rien. Si l’éconduit insiste, comme une femme, il n’est plus un homme, mais persiste dans cette condition d’homme qu’il est loisible de blesser. Après tout, c’est un dur, un fort, ou un animal ! or l’animal ne souffre pas, on peut y aller, écrasons-le ! Quelle femmelette ! Quel toupet de se plaindre ! Pleureuse chialeux grand con ! La femme essuie la relation comme elle se torche, vite fait mal fait en conservant l’odeur. Il est dans ses habitudes de se placer sur un tampon ou sur du papier cul. Facon d’investissement. Bref, elle taille ! et aucun signe de vie, fini, il comprendra ! Ca ne sert à rien d’en rajouter ! Mais où est passée l’égalité homme-femme ? Rigolo.

     

 

      Il est interdit à l’homme seul d’adopter un enfant. Forcément, c’est un pervers, un animal. La femme peut. C’est l’égalité ! Rigolo.

 

 

      Dans 90% des cas, le divorce consacre la femme seule puisqu’elle bénéficie de la garde des enfants que le bonhomme financera. C’est l’égalité ! Rigolo.

 

 

      On est certain de la mère, jamais sûr du mari dit l’adage (mais où est passée l’égalité ?). Pourtant, une mère qui abandonne le père n’est jamais contrainte de reconnaître son compagnon qui devrait s’y coller dans le cas contraire. Il serait même obligé d’accepter l’enfant. Et de payer. Femme vénale n’est-ce pas, mais c’est déjà plus humain qu’un animal, alors, que dire ? sinon que l’égalité est on ne sait où. Rigolo.

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L'Aristo dit que tu es très maline et qu'il va te retourner parce qu'il est un animal, sale abrutie

 

24/06/2015

A l'ami - Le 24/06/2015

Pat Poker

Le texte d’hier est narcissique, c’est l’ami qui le dit. Une connaissance qui contient mes décennies. Une enfance à nous deux. Il prétend que « je me kiffe ». Peut-être, mais alors je ne suis pas narcissique car Narcisse ne s’admire pas mais cherche son reflet, et précisément parce qu’il ne s’aime pas. Il cherche l’image de celui qu’il voudrait être et qu’il n’est pas. Il regarde l’eau qui ne le voit pas. Il ne « se kiffe » pas. Haine de soi.

Mais l’ami maintient :

« Tu n´écris que sur toi-même, sur ta suprématie physique et sur ton mépris des gens que tu juges inférieurs à toi: les bobos, les bobs, les dad-bod, les financiers, les indiens, les racailles, les africains, etc...

Et c´est drôle, car dans la pratique tu n´es pas du tout comme ça. Tu es capable d´avoir des potes de toutes les nationalités, de toutes les couleurs, de toutes les formes et de tous les goûts et qu´en réalité - sortis du contexte généralisant que tu appliques toujours dans tes écrits ou tes diatribes - tu estimes vraiment... (Je suis obligé de généraliser parce que le pamphlet a besoin d’archétypes ; et puis le propre de l’intellection est de généraliser. Si ! Autrement on ne serait jamais allé sur la lune, il faut modéliser et englober pour se figurer le monde et l’imager.)

Tu m´as bien compris. 

Mais c´est bien mec, si tes écrits te permettent de te rassurer c´est parfait. C'est l´essentiel, p'tite tête. »  Oui, et alors ? Comme tu dis, c’est drôle mais rare est qui sait rire aujourd’hui. L’homme qui rit n’est-ce pas.

L’Aristo est un personnage littéraire, un prétexte, et c’est ceci que l’ami se refuse à comprendre. C’est ce qui est éminemment problématique : que L’Aristo est un type détestable ne l’est pas du tout.

Nous vivons une époque très difficile pour les écrivains et qu'un type de la trempe de l’ami en rajoute est rigolo sinon attristant : cela prouve qu’il n'est plus possible de séparer l'œuvre de l'écrivain ou, si je puis dire, de l'écrivant, c'est-à-dire de celui qui écrit. C'est ni plus ni moins la création qui est annulée. Elle est censurée par ce qui la rend impossible. L’époque est avec Sainte-Beuve. Proust est mort.

Qu’aurait-elle pensé, cette époque qui cache son puritanisme dans la fête, qu’aurait-elle pensé, donc, cette pudibonde, de MORAVAGINE, éventreur de femmes et de jeunes enfants, qui est le double voire le triple de Cendrars ou Cendrars lui-même ? Le mentionner à la fin d’un texte d’égocentrique n’est pas un hasard. Seulement il faut connaître, et si on ne connaît pas, il faut se renseigner. Ici tiens, plus haut, j’écris l’homme qui rit n’est-ce pas : j’introduis Victor Hugo. Plus bas, je mentionne Sainte-Beuve, qui cocufiait Victor Hugo, lequel revient donc par un clin d’œil, c’est la tenue d’un texte ca ! Sainte-Beuve considérait qu’il était impossible de distinguer l’œuvre de l’artiste, comme aujourd’hui !, exactement comme maintenant !, à quoi Proust rétorque que si, on peut, et que Beuve et Sainte disent des conneries. J’espère sans doute trop d’un public qui n’existe de toute façon pas. Mais j’attends au moins autant de moi. J’ai tort : « il ne faut pas se prendre la tête ».

Outre Moravagine, le texte d’hier rend ses hommages.

Il y a le salaud de la fin, c’est Limonov et son LIVRE DE L’EAU. Grand fasciste narcissique qui ne se prend pas au sérieux, un qui ne « se kiffe » pas. Il suffit de lire son DISCOURS D’UNE GRANDE GUEULE COIFFEE D’UNE CASQUETTE DE PROLO pour apprendre ce qu’est le narcissisme de journal littéraire.

O ragazzo, c’est D’Annunzio.

 

Et le titre, Guignol’s band, c’est Céline. Or je suis sous le titre ! Donc je suis un guignol, rire !, pas prendre au sérieux, époque contrite vas-tu me lâcher oui ?! Et tous les évoqués, Limonov et Cendrars et D’Annunzio et Céline sont dans la bande, c’est l’humanité, bientôt. Guignol’s band est la bande-son du zigue, de zigue, qui dégouline de narcissisme pour mieux en dégoûter l’homme qui lit. Il est fatigant, usant même, de devoir expliquer tout ca à des jean-foutre donneurs de leçons ; ca donne un écrit lourd, emprunté comme l’époque et ses gros tas de fiottes gauchistes à qui il faut tout expliquer, de l’homme qui rit à Proust et Sainte-Beuve. Je ne parle pas de l’ami, mais de ceux qui croupissent dans la critique bas-de-plafond, tous englués dans l’opinion qu’ils grattent au cul de leur idéologie. L'inculture, et c'est regrettable, se charge désormais de faire la loi au lieu de se faire loi et foi de comprendre ce qu'elle ignore. Je crois que ceci s'appelle de la modestie. Ca se perd. Le monde est livré aux idiotes.

23/06/2015

Guignol's band - Le 23/06/2015

Pat Poker

Guignol’s band

 

Dimanche, c’était défi MONTE CRISTO à Marseille. Cinq kilomètres de nage en haute mer. La massacrante. Sept-cent-cinquante participants. N’était la méconnaissance du parcours, j’aurais terminé dans les cent premiers. J’ai perdu du temps à chercher mon chemin et à gérer les instants faibles. Rengaine du sportif. La mer est hostile et la crampe entraîne la noyade.

J’achève la course en une heure et vingt minutes. J’échoue à la cent-soixante-dix-septième place. Je reviendrai l’an prochain et finirai sous une heure quinze dans les cinquante premiers. Juré ! Ce n’est pas important bien qu’un peu rageant. C’est que je suis sorti de l’eau aussi fringant que j’y étais entré ! Or l’économie ne fait pas l’homme.

En vingt minutes, j’étais rasséréné, réchauffé, ravitaillé puis changé. J’avais un train à prendre alors j’étais pressé. La course durant, je pensais à l’après. J’usais de ce stress positif qui survient dans l’urgence. Et puis je n’espérais rien tant que la fin pour enfiler mes wayfarer et saluer le frangin qui me suivait. Panache. Le tout devant les pépées du sud intimidées par ma mise à la Léonidas, barbu et taillé en V comme un gars de trente ans doit l’être. C’est ainsi qu’il faut se présenter aux épreuves. Dans les démocraties en paix, le sport est le succédané de la guerre.

 

 

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L'Aristo dit qu'il se sentait dangereux

 

Il y eut beaucoup d’abandons. Il faut dire que certains avaient le physique du dad-bod que les Inrocks mettent à la mode. C’est le trentenaire vaguement sportif, qui pousse à la « muscul », avec le bide du bon-vivant qui prouve qu’il est marrant. Le gros a de l’humour maintenant. Parce qu’il nie la discipline austère du sportif « au régime de gonzesse ». Voire.

Une remarque : les filles qui se nourrissent comme un mecton, celles que j’appelle des mectasses, c’est-à-dire les cradasses, les bobos, ne sont  pourtant pas affriolantes. Aussi, les Inrocks devraient-ils introduire plus de parité dans leur sociologie. Bref, toute cette engeance ne survivrait pas une seconde dans l’eau gelée et les courants froids que j’ai dominés de ma force. Où les conduirait leur physique mesquin, à peine perturbé par des pecs depuis quoi deux tétons-yeux regardent leurs pieds ? Il n’y a que le réel pour tabasser et soumettre les bobs larvés dans leur confort.

Ma course maintenant. L’effort modifie la perception du temps. La souffrance et la douleur s’associent pour en restreindre la durée. L’équilibre hormonal survit aux chocs en les contrebalançant par d’autres chocs, de sorte que le cerveau, littéralement drogué, dilate le sablier qui s’écoule dans l’oubli. L’eau ! Ceci est survenu dimanche : je me regardais nager. Je ne sentais plus rien que l’envie d’avancer. Encore et encore et encore. Tous les mouvements répétés à l’entraînement prenaient un sens. Enfin ! O extase ! La direction du parcours s’ajoutait à la métaphysique du challenge. Le pourquoi trouvait sa réponse, le bon vieux hic et nunc qui dit nage ou crève. J'ai toujours voulu m’extirper du corps sans mourir, par quoi le sport devient un moyen, le seul moyen qui se suffise plus que sa fin. Parce qu'on est bien d'accord que le réel est décevant. Seulement ce n'est pas le rêve qui permet d'y échapper, c'est la méthode gauchiste ca, sa farandole niaise, je parle ici de violence et de force, seuls rocs de sentiments capables d'extraire l'homme de sa gangue humaine. Or il n’y a guère que le sport et son abstraction, à savoir la lecture, qui le permettent.

Alors dans mon existence, j'ai tenté beaucoup. La drogue - la fumette, ignoble !, habitude de faible, puis les amphétamines, la cocaïne, il fallait que je comprisse de quoi il retournât. Et que ce fut bon ! ô puissance !, et la dive bouteille, encore et toujours. L'idée n’est-elle pas de vivre ? Se sentir vivant comme disent les mauvais films. Méthode adolescente que la chnoufe en tout genre, mais vécue en-dessous du sport ultra, mon unique et éternelle marge de dépendance.

Dimanche. Il y a ces vagues auxquelles je me soustrais en m'exilant de l'intérieur. Je suis prisonnier de moi-même, précipité en moi. Le paradoxe vient de l'impression de liberté. La souffrance est là mais n'est plus ressentie. L'anesthésie par la pensée se propage à proportion de l'endormissement qui tétanise (autre paradoxe) la méditation. L'ensemble de l'homme est plus rapide. La réflexion est d'autant plus vive que l'allure se renforce. Une chimie s'installe et provoque les mêmes effets que la coke. O dépassement de soi !

Dans le RER, je regarde toujours ces blancs effrayés par les racailles. C’est à cela que je pense dimanche, à l’acmé du trajet. S’agit de s’enfiler la rage et de frapper la mer. Alors je fixe un de ces blancs. Et je crie ! Et j’accélère sur ce blanc démoli. « Mais sois fier ! » Yeux aux aguets. Chétif. On dirait un agneau cerné par les loups. Il est le résultat de soixante années d'imposture. Les discours féminino-gauchistes ont vicié sa force qui s’expulse de ce poltron comme une glossolalie antiraciste court la bouche d'une gauchiste. C'est elle qui l'a vidé de sa sève.

Ultra, donc. Ultra pour ultraviolence et ultraforce. Manière Alex Delarge, le héros d'ORANGE MECANIQUE qui se pique d'utlraviolence bien korocho et jetée du goliwok. Le sport. Quelle agression ! Et puis il y a le résultat, la musculature et la prestance n'est-ce pas. Ha ces filles en bikini qui m'accueillent à l’arrivée ! "On voit les hommes", et cette sexa qui me regarde tituber "Ca va mon beau ? Tu es fort" avec cet amour de femme qui se partage entre la mère et l'amante – entre celle qui adoube celui qu'elle aurait pris pour fils, et l'autre qui se rappelle ses décennies qui se seraient bien accommodées de ce garçon aux muscles bandés, prêts à exploser la combinaison. O sensations divines !

Il y avait cet écrivain italien, Maurizio Serra, qui me parlait de MORAVAGINE.

Blaise Cendrars, je le découvre à douze ans. Mon père me dit un jour «L'OR, prends ! et lis, et dis-toi que les cons ne lisent pas. » Cendrars ! MORAVAGINE était posé sur cette table. Je l’ouvre. Lecture jubilatoire ! Il n’y a que Moravagine pour exprimer ce qui se trame en l’homme aux prises avec les éléments. Il ne peut gagner. Il fuit. Il s’échappe. Et au bout : cette plage, façon de paradis,  Ithaque sans Pénélope, Orénoque sans verdure, là où les fragiles applaudissent les féroces en fin de baroud. Sortie de soi. Et de la tenue ! La tête vrillée par la froidure de l’eau et rompue par la houle. Je titube. Zéro fatigue ! Juste joie d’être là ! Vie vie vie vie vie vie vie. Fanculo la morte ! Alors force et honneur ! Me ne frego et je salue. Plaisir du vrai, personne n’enregistre, le bras est placé. Haut et fort ! O ragazzo sans monde...O ragazzo vostro...Tu te perds dans la ronde Sei beau comme un salaud !