11/02/2015
Pensées du 11/02/2015 - La ville est à la femme - Sulfateuse vive pour anarchie
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A quoi est dû cet engouement de la femme urbaine pour les barbus ? D’où lui vient cette humeur qui la jette dans les bras de ce qu’elle appelle un baroudeur ?
De tout temps, la femme s’est entichée du conquérant qui arpente l’espace. L’homme appartient à la géographie qu’il parcourt et enferme dans son territoire. La femme est un être du temps. La procréation la confie à une période de gestation qui dure près d’un an et est nécessairement sédentaire, par quoi elle fixe la femme sur une terre conquise par un homme. Là, elle est protégée. Elle travaille pour le temps à qui l’espace est dédié. C’est toujours la femme qui préside aux destinées dont l’homme est l’instrument. Elle-même utilise ce grand enfant qui prend au sérieux un jeu auquel il croit ne pas participer.
De la procréation, l’homme ne connaît que le rut auquel il se soustrait aussitôt pour s’en aller explorer l’horizon nomade. Même si elle s’en défend, la femme n’aime rien tant que ce caractère mâle et viril. Repliée sur sa fonction, la liberté mâle la fascine.
L’attraction réciproque entre l’homme et la femme naît de cette confrontation entre nomade et sédentaire, entre calme et folie - qui pose l’abstraction (et le symbolisme amoureux qui s’en suit) d’une complémentarité physique et concrète. La pénétration joint la philosophie à la biologie et c’est dans les râles que l’homme et la femme rappellent les pulsions conductrices de l’espèce. L’homme prend et il part, et il part loin et vite. Rut et exploration : c’est le baroud, de là que la femme se figure le garçon véritable chez le baroudeur. C’est qu’il est tout instinct, force et aventure. Or c’est ce que la nature montre à la femme à aimer. Elle a placé dans ses chairs la capacité de reconnaître les signes de l’homme fort, du vir, que la femme recherche donc pour, après les avoir trouvés, jeter son dévolu sur celui qui les promet. Biologiquement, il en va de la survie de la race. Métaphoriquement, c’est à cette condition que tiennent les sentiments. Le fin’amor sanctionne par la poésie, art métaphorique par excellence, la puissance de l’union entre une force qui se soumet à une faiblesse qui se domine. Princesse et chevalier figurent l’amour véritable qui ne ment pas.
Puis c’est industrialisation ; exode ; le chef de guerre disparaît dans la masse de paix ; campagne tuée ; ville constituée ; chartes annulées ; droits proclamés. Et constitutions et autres âneries.
Et qu’est devenu le chevalier ? Un monsieur. Or la dame est restée madame et conserve ses prérogatives. Par quoi elle désire encore et toujours et à jamais un baroudeur. Seulement le vir n’existe plus. Emprisonné en ville où toute l’économie se tient, ou pire : tenu de rester à la campagne en passant les frusques citadines, il n’en reste que sa version pastiche qui est le monsieur à barbe, le barbu, aussi rigolo qu’une femme à barbe parce qu’il est faux. Il propose à la femme au mieux un souvenir inscrit dans les instincts que l’espèce lui a gardé, au pire une illusion qu’elle se convainc d’admirer. En sorte que dans tous les cas, elle se contente du barbu qu’elle privilégie entre tous. C’est chez lui qu’elle voit tous les caractères de la virilité. Et c’est à lui qu’elle affecte d’offrir son corps pour un baroud d’horreur. C’est que très vite, elle est déçue, et si elle reste avec la barbe, ce n’est que pour arpenter le trottoir au bras d’un pis-aller pour asséner à la tribu-société sa supériorité de place. Le jeu amoureux n’est plus qu’un défilé de chien au bras d’une maîtresse qui le méprise pour ce qu’il a abandonné de nature à la sous-culture bob. Il ne lui rend rien quand elle a sentiment de tout donner. Alors, par instinct vengeur, elle prend plaisir à achever de le castrer comme une vieille peau jouit de vivre en appartement avec des chats privés de leurs attributs. Dans les deux cas, il s’agit également d’empêcher qu’ils s’énervent : ils risqueraient de retrouver une fougue et une ardeur que l’urbaine ne consent plus à la virilité de démontrer. Punis ! Ils n’avaient qu’à donner ce qu’ils promettent ! Ne jamais décevoir.
Désormais, elle admet une impression qui crée la mode qui la satisfait d’autant plus. Cercle vicelard. Pas vir mais baroudeur ? Pourquoi pas ! Il suffit qu’un bob montre barbe noire pour séduire madame. Comme je l’écrivais récemment, la ville est le lieu des résignations. Un monsieur est un renonceur, un renonceux ! et la femme une résignée. Je la respecte plus car des deux sexes, c’est elle qui a su le mieux protéger ses intérêts. La ville est son territoire. Elle l’englobe, et l’homme est son locataire. Lui n’enferre plus dans les poings de sa volonté le résultat de ses conquêtes qu’il déposait sous les pieds féminins. Il est domestiqué et comme toute chose apprivoisée, son supérieur lui donne la becquée.
L’urbanisme est une castration physique et mentale. Il est une construction féminine. Son abstraction est la soumission du mâle. Il ôte à l’homme son horizon en le piégeant entre les égouts et les toits. Le type n’est plus chez soi, mais chez elle, chez la femme qui adore être invitée. Or elle ne l’est plus. C’est une hôtesse sommée de diriger. La contradiction est si forte qu’elle verse dans une tristesse précédant la haine. Mais donnez à un ciel à monsieur et il deviendra vir. Une voute céleste pour un royaume !En ce sens, l’athéisme est fils de la ville, lui qui nie au ciel une transcendance. Il est une infirmité de castré qui ne croit en rien. Monsieur qu’on dit… Qu’a-t-il à arpenter sinon un plan de carrière ? Comme dit bob dans un instant de lucidité ca fait pas rêver. Comment une femme serait attirée par ce rogne-petit qui vivote d’idées de fiottes ?Le mensonge du baroudeur survit dans la femme qui se ment aussi à soi-même parce que par essence, elle n’est pas attirée par le malsain : c’est contraire aux lois de la survie. Mais qu’importe, parce que de toute façon, la femme ne serait plus prête à connaître la force d’un évadé du goulag urbain. Elle est conditionnée pour en être effrayé. Il est fou qu’elle dit. Alors elle fantasme non plus sur un homme, mais sur un baroudeur, non plus sur le vir, mais sur le faux-semblant, baroudeux de foire en toc qui porte une chemise bûcheron. Qu’il endosse un sac à dos et ca y est : c’est Bigeard qu’elle condamnerait du reste parce qu’il est fasciste. Sacrée bob.
Parc sociologique, zoo humain, camp de consternation : la ville. Là vivent les sidérés.
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L’Obs révélait hier les nouvelles têtes de l’Elysée. Des trentas surdoués et surdiplômés experts ès communication. En couverture, un gringalet, bob par tous les coins, qui montre une trogne blafarde avec un blase aux narines si fines qu’il paraît aspiré de l’intérieur, comme si le type avait prisé tant de cocaïne qu’elle lui restait collée en crottes. Bon. Je sors la sulfateuse. Rafale. Je suis calmé.
Comment est-il possible d’accepter d’être dirigé par de telles fiottes ? Et avec leur mépris ! Oui da ! Parce qu’ils se permettent de mépriser ! Un collègue bob est si configuré par le pouvoir de ces fions qu’il affirme que le type doit trop choper, trop sûr de lui ce mec. Quel aristo. Sacrés bobs…sacrés mais sacrés bobs. Sulfateuse ! Je suis calmé.
Mais il n’a rien d’aristo ! C’est un petit-bourgeois, noble à la limite, ce qui est tout différent d’un aristocrate que le noble tue, justement, au XVIIème siècle. La FRONDE est la mise à mort de l’aristocratie remplacée par la noblesse. C’est tout le sens de mon titre de plume L’Aristo, lequel est en plus l’anagramme euphonique de l’Arioste, cet immense poète de la Renaissance tout pénétré d’Italie.
Un ami, consterné, en appelle à l’anarchie : encore une fois, je suis d’accord avec lui, d’autant que la monarchie aristocratique est le régime le plus proche de l’anarchie. Il existe quelques textes (pas de moi, de gens sérieux) qui expliquent synthétiquement et clairement la nette parenté entre les deux régimes.
Pour résumer : la monarchie, par l’autorité en haut, garantit la petite anarchie du bas, c'est-à-dire la liberté du bas, celle qui somme les petites libertés sans cesse rognées aujourd’hui par la démocratie. Laquelle démocratie est tout le contraire, elle est la liberté en haut, pour l’oligarchie cochonne, avec Sarkozy pour le fric et DSK pour le cul – et elle est l’autorité en bas, avec la pression fiscale et morale et mentale (médiatique) qui nous est imposée et à quoi les cochons du haut échappent. Une vaste gabegie servie en comm par les faiblards qui deviennent baroudeux une fois le rasoir oublié.
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10/02/2015
Sacolin Colon
Sacolin Colon n’en pouvait plus. C’était marre, c’était fou, à s’arracher le crâne avec les dents. Les bobs et leurs lubies, que n’avait-il fait un carnage ? Souvent, il rêvait qu’il débarquait dans son open-space ou dans la rue, armé d’un lance-flammes, et c’était le marmitage, lui en vengeur total. Sacolin enrageait dans son fut, toujours le même, mis et remis tous les matins du mois, même trajet, mêmes visages qu’il croisait, tous chiffonnés, tous charlie et à le répéter quand ils ne s’entendaient pas autour de leurs conneries. Qui étaient-ils ? Une abstraction réductible au point mou : bob. Sacolin haïssait bob. Il en tirait une rancœur qu’il mêlait aux jalousies de l’enfance, lesquelles remontaient en lui courant sous la peau. Qu’un bob se présentât et son poil se hérissait. Sa détestation était physique. Il vomissait bob mais ne se résolvait pas à le tuer. Impossible. Il y en avait trop. Que faire ? que faire que faire que faire récitait Sacolin, et alors il se nommait Sacoline et pensait à Lénine et prévoyait d’écrire un manifeste anti-bob qu’il intitulerait Que bob ? mais il se ravisait et se renfrognait toujours plus dans la posture du perdant radical qui se détruit avant son ennemi. Sacolin ! Sacolin, réveille-toi qu’il se disait, mais agis que dieu, prends tes plotes et bâtis le monde au lieu de fixer un écran le jour durant. Encore une fois, il rêvait.
C’est hier qu’il ne rêvait plus lorsqu’il tomba sur un article au sujet d’une bob qui s’était fait tatouer l’anus. Deux prénoms qu’elle y avait inscrit. Et bien deux lettres qu’il s’y mettrait ! Deux B de chaque côté des stries ! Et un O au milieu au moment de la chiée ! En plein dans l’œil qu’il aurait bob ! Sacolin Colon ! S’il ne pouvait tuer bob, au moins il le coulerait, le démoulerait, et montrerait dans tous les gogs de France la véritable bob-ine de son ennemi, à lui, Sacoline, que bob ? Une merde ! Il emmerdait bob et le prouverait jusqu’au fond des chiottes, puis il lui tirerait la chiasse et l’eau avec et l’enverrait à l’égout d’où il n’aurait jamais dû sortir. Un tatouage pour une victoire ! Un dessin pour une revanche ! Sacolin allait se mettre bob au cul parce qu’il en avait plein le dos. Bob fait chier alors il serait chié et ca, Sacolin en jouissait. Il commença de rire et de rire et à une bob qui lui demandait de cesser, il répondit d’un pet qui préfigurait leur entente. Ho ! dit-elle HAHAHAHA riait-il et Sacolin d’élargir la sphincte où bob se carrerait bientôt !
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Pensée du 10/02/2015 - L'hyperbob
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Il y avait l’autre jour, c’était il y a une semaine, une tempête à New-York. BobFM se met en branle pour couvrir l’événement comme il couvrirait un camarade de régiment sous le feu ennemi (sans doute). Bob se ménage ses petites émotions comme une bourgeoise de Zola visitant un quartier ouvrier. Il s’émoustille à l’approche des catastrophes pourvu qu’elles ne touchent pas son portefeuille. C’est à ce titre que la crise économique et financière est traitée sans conviction. Quelques experts à boutons, avec leurs grosses lunettes de con, sont conviés sur les plateaux télé afin de toucher dix briques pour baver leur avis. En général, il suffit d’ouvrir Yahoo !News à la section économie pour dégoter le verbatim de leur intervention. Bref, le mauvais sort conjoncturel est conjuré par omission. Ce qui importe, c’est Charlie ou la météo ; en ces cas le mauvais sort est invoqué et davantage : il est espéré. Pourvu que ca bute et que ca pète se dit bob. Une tempête à New-York, il connaît bien, et chaque année elle est plus grosse que la précédente. Rien d’étonnant en cette époque de l’hyperbole sémantique. La linguistique, c’est toujours dans la linguistique que vit et se palpe l’esprit du temps. Le sentiment de la langue, c’est important parce qu’il permet de comprendre la situation. Bref, si l’hyperbole de la météo new-yorkaise était appliquée à la fréquence des rapports sexuels et à la taille de l’attribut viril, toujours plus imposant que la dernière fois, je finirais avec un baobob. C’est un ami 22 qui serait jaloux.
C’est ainsi qu’un marché fut d’abord un super puis un hyper marché. Hyper pour hyperbole. La surenchère du préfixe s’est arrêtée au seuil du giga. Le Grand Siècle, qui fut celui du Cid et de la litote, aurait parlé d’un endroit qui ne manque de rien. Ce n’eût pas été plus beau mais simplement animé d’un autre esprit. C’est dans ces petits clins de chose qu’est mesurable le pouls d’une société, dans ces façons de traiter l’Histoire et de nommer ses institutions. L’Education Nationale par exemple. Rien à voir avec l’hyperbole ? Peut-être, sauf à considérer qu’une instruction hypertrophiée, c’est à dire jetée au-delà de l’enseignement qui apprend à lire, à écrire et à compter et à s’approprier le savoir pour penser, tient plus de l’éducation. L’Etat qui éduque n’est plus un parent civil qui instruit mais une grande famille qui réchauffe ses ouailles autour du feu des valeurs. Quand l’instruction parle de morale qui montre à reconnaître le bien et le mal, l’éducation prétend indiquer le bien - ou à tout le moins apprend à séparer le bien du mal. En hyperbole, comment lors s’étonner que le ministère de l’instruction ait changé de nom ?
La morale hyperbolique prône le bien en toute chose. L’hypermorale, qui va par delà le bien et le mal comme dit Nietzsche, trahit la raison par le sentiment qui suinte de l’école, dédiée à l’éducation, et des médias. De là que l’émotion gagne l’humeur des jeunes et des plus vieux dont l’hystérie est entretenue par les sujets de BobFM. Une tempête à New-York et les bobs, de 7 à 77 ans, manifestent contre le vent. Une fusillade à Charlie Hebdo et tous les bobs disent je suis charlie en marchant contre le terrorisme et en criant que c’est pour la liberté et pour nos droits. C’est toujours le droit à être qui finit par être revendiqué. L’hyperbob réclame dès qu’il le peut comme un perroquet affamé trompette après sa graine. Il faut ici remarquer, mais je le dis depuis toujours, l’intransitivité totale du droit à être parce que ce slogan ne précise pas ce qu’il exige. Par quoi tout est possible, ce qui valide l’hyperbolisme du temps.
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