24/02/2015
Lignes du 24/02/2015 - Malaparte - Vir est mort
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Il me faudra bien écrire un texte sur Malaparte. Quel écrivain. A 27 ans, je le découvre. A 31 ans, il me couvre de sa grandeur. Ce bon vieux Malaparte. De ses romans à ses essais, je n’ai jamais lu de telles intuitions, hormis peut-être chez Drieu dans ses NOTES POUR COMPRENDRE LE SIECLE. Mais Malaparte, c’est autre chose, c’est le génie. Je pense souvent aux notes que je lui ai consacré et devant l’ampleur de la tâche qui m’attend (les rassembler, les développer) j’éprouve à la fois l’excitation de qui veut rendre hommage et la honte de ne pouvoir tout dire. Serai-je à sa hauteur ?
Le biographe de Malaparte, Maurizio Serra, prétend dans MALAPARTE – VIES ET LEGENDES que l’écrivain italien attend toujours son traducteur en poésie. Je me dis que c’est peut-être là qu’est ma vraie place. C’est ma traduction qui est attendue. Poète et italien, ce me serait possible. J’en profiterais pour effacer ma nullité devant celle du condottiere qui n’est plus chez moi D’Annunzio mais Curzio Malaparte, le caméléon, le créateur de KAPUTT et de LA PEAU.
La littérature italienne est fantastique. Ne pas la négliger mais la lire et la lire encore et s’agenouiller devant tout ce qu’elle contient d’âme de l’Europe.
A tous les gens que je rencontre, hommes femmes et même gamins, et qui me demandent conseil, je réponds systématiquement Lisez Malaparte, mais lisez Malaparte. J’ai cette capacité de susciter l’envie de lire. A défaut d’être écrivain, je provoque. Je passe un témoin. Un donneur de virus. C’est la seule qualité que la littérature me concède. En sorte que tous se dirigent vers ce que je leur indique et tous, invariablement, me reviennent avec les mille mercis de qui a fixé la lumière. Ha mais c’est génial Malaparte, merci mais merci de me l’avoir fait lire. Saines lectures mes drooguies. Malaparte vous secoue et vous braque une lanterne dans la face et vous criez avec son regard qui vous rend fou Mon Dieu, je suis humain !
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Monde classé car monde sans classes. Moyen, ras la mitaine, tous même niveau, un salaire c’est pas une hiérarchie ! C’est faux ! La vérité, le fin du bout, c’est que chacun est salarié. Point. Rien à ajouter.
C’est un monde d’entassés ! La lutte des tasses comme tas au féminin tant le vir débande à la naissance. Monde à femmes. Partout la femme, la grande la belle, la dominante mais elle pleure le vir et le cherche dans les décombres. Il se planque sous les ombres, sur site, vir-tuel, entassé sur TINDER. Artifice de la courtise, tour de pousse-pousse, magie faible qui dit noir, que dalle, vir en jachère et la femme qui s’aime. Moissonne plus, elle laboure les sans-slips, les tchis les riens les foutus. Qu’elle dirige, je m’en frappe, m’en tape, ca m’en fera moins à décider, mais que je vive sans être vir me retourne le caisson au point que j’en chiale. C’est ca l’impuissance, rien avoir avec la stat’ technique du membre porno, encore une considération de parleux, je parle de la force du vir, celle qui se domine et bâtit, alors : que la femme surplombe, c’est rien de plus normal, c’est depuis les siècles, a toujours été, la femme mystique ! Grande à donner la vie ! C’est Marie partout Marie pour tout ! Mais que le bâtisseur a crevé, ca je ne peux l’accepter. Un bâtisseur, c’est le royaume de la grandeur. C’est Malaparte, mais c’est tout sauf maintenant. Le vir est soufflé. La femme est veuve, encore une génération et elle est orpheline et elle comprendra que le vir est mort et rien qu’une ombre qui fond.
Week-end du 14 Février. Saint-Valentin. Les ânes sortent. Les vir-igolos marchottent comme d’un bob sautillard, la femme qui cornaque, les bobirs chétifs placés à ses côtés, petits, mous, bientôt chauves par procuration, sont tous notaires à 20 berges, le bide jamais timide. Envie de les secouer et de les braquer avec un livre de Malaparte puis de les laisser et de demander aux femmespourquoi. Dieu que ces beautés méritent plus. Que l’homme moderne n’est pas à la hauteur...Le vir n’est peut-être jamais né depuis trois générations. Un arbre regarde le ciel et seule la crève l’amène au sol. Femme, ne te laisse pas aspirer par les morts.
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20/02/2015
Toutes
C’était l’été de ses vingt ans
Pays du sud il faisait chaud
Voyage, mer, la vie devant
Elle était seule il faisait beau.
« Quête de sens, et sensations
Et surtout pas d’Occidentaux »
Un jour il y eut ce grand garçon
Un fort métis il était beau.
C’était profond c’était à deux
Méditations, énergie molle,
Qu’il était fou qu’il était feu
Son grand amour, elle était folle.
Il était seul, elle était eux
Elle était sotte, il était homme
Elle essaya d’aimer pour deux
Pleurs, fin, yeux noirs, il était homme.
Retour chagrin, taff de bobasse
Que des regrets, nul souvenir
Le temps est long les années passent
Les jours chassent tous les sourires.
C’était l’hiver de ses trente ans
Pays du nord il faisait froid
Routine, sol, la mort devant
Elle épousa le dernier choix.
15:17 | Lien permanent | Commentaires (1)
19/02/2015
Poème de L'atelier câlin
Il était seul, il était mal
Réveil matin, croissant au beurre
Il était gras, il était pâle
Douche et métro, bob au labeur.
Aucune femme, aucun amour
Il était seul, il était mal
Moyen en tout, vie dans les tours
Il était veule, il était sale.
Aucun ami, aucun espoir
Il était seul, il était mal
Aucun groupe, pas de rancard
Il errait seul, tournait en salle.
Le soir venu, il repartait
Et c’était seul, et c’était bal :
La mort les gens tous se mordaient
Dansaient chez lui, il était mal.
Il était seul, il était mal
Ne lisait pas, était athée
La vie la mort, « tout est normal » ;
« Je suis buddha réincarné ».
Il était zen accidental
Esprit vidé, goisses remplies
Et prétendait à l’idéal
Du grand amour prédéfini.
Lors il alla suer sur Tinder
Il poucait seul, il voulait graal
Toujours plus mal, toujours au beurre
Il était rien sentimental.
Il y croyait, « sommes tous charlie »
Mais finissait par rester seul
Il espérait trouver l’amie
Qui annulât son mal de seul.
Qu’il était seul, qu’il était mal
Découragé, ô bob dormant,
Il attendait la bob fatale
Qu’il voulait tendre au sein brûlant.
Froid seul et mal, il vivait là ;
Ne réclama plus que tendresse ;
C’est seul et mal qu’il oublia
Les instincts vrais que nul confesse.
Il était seul, il était mal
Sans âme ou corps il était rien
Autant donner peu de son mal
Aux mains des a-teliers câlins.
Il s’y rendit avec les seuls
Il s’y perdit avec son mal
Il enlaçait dans son linceul
Les détritus de tout son mal.
Il crut à l’a-telier câlin
Sans sexe, là, il se disait
Qu’il était seul, qu’il était bien
Sans observer qu’il se tuait.
Il était seul « mal pour un bien »
Il câlinait le soir tombé
Il oubliait d’un air badin
L’homme qu’il n’au-rait pas été.
18:33 | Lien permanent | Commentaires (0)