27/02/2015
Songes creux - 27/02/2015
A la fin de sa vie, Malaparte est âgé d’à peine 50 ans. Il revient d’un voyage en Amérique du sud, quelles pages sur le Chili !, il envisage un tour des Etats-Unis à vélo, il s’entraîne sur le toit de sa villa à Capri, La casa come me, mais il est moins fringant. Ses poumons ont été brûlés par l’ypérite dans les bois de Bligny au printemps 1918. Bientôt le cancer bientôt la mort. Le risque finit toujours par se payer, question de goût. En attendant, il pense s’installer à Forte dei Marmi en Toscane, l’équivalent de Saint-Tropez. Il lui suffirait d’ouvrir un restaurant pour couvrir sa retraite. Sa notoriété attirerait les clients qui viendraient moins manger qu’entendre le caméléon. Lui leur raconterait sa vie en passant de table en table où il distribuerait une anecdote par-ci, une historiette par-là. Comtes pour comtesses. Souvenirs surgis de sous le faisceau. Il résumerait les tranchées et le front de l’est dans une fresque aristocrate. Les junkers et les sissit et les rouges et les arditi et les palais - tout rentrerait dans le squadre.
Malaparte connaît la curiosité des mondains qu’il fréquente comme il fraternise avec les soldats et les paysans et les ouvriers. C’est ca un fasciste, ca réconcilie les classes. Si le populeux ne s’en laisse pas piper, l’émotion bourgeoise est pareille à celle du gamin au coin du feu sur les genoux de papi. Malaparte cajolerait les bobs de son temps qui paieraient pour écouter le conteur. Mythomane magnifique, écrivain céleste, son idée est bonne. Ca devrait marcher. Comme son œuvre, il est un mensonge qui dit la vérité (ce bon vieux Cocteau). Malaparte : C’est qu’il faut bien que je monnaye un peu ce que j’ai vécu, tous mes sacrifices doivent à un moment me sortir de la pauvreté, je ne peux plus bourlinguer à tout va...ha ! il faut que ca serve ! Jamais ca ne se fera.
J’aime ce rêve malapartien. J’ai un côté mythomane comme tout scribouillon. Le mensonge, ce rêve pris sur le fait dit Céline. Seule la littérature est une réalité augmentée. Pas sur ce blog où le mensonge existe dans l’invention (taquinerie) - mais dans la vie. Je mens en draguant par exemple. S’agit de créer un mythe autour de soi, sa petite légende qui fera monter. Comme Céline, je bricole sur du bâclé, ce que je vis, le quotidien, le rien du rien, et je construis mes châteaux. C’est ainsi qu’un voyage en mer de trois jours devient un périple de six mois. Les gonzesses en raffolent. Ou que de quatrième nageur de mon Ecole (ce qui fait que je ne participais à aucune compétition car le podium m’était interdit mathématiquement) je me transforme en capitaine de l’équipe de waterpolo. J’y ai joué et je n’étais pas mauvais, comme tout sportif qui touche à tout, mais de là à cornaquer des masses à qui je rendais trois kilos...Mais je le sors souvent. Si la fille n’est pas bête, elle émet des doutes et je confesse ma faute. Un rire et on oublie. Déstresse. En entretien d’embauche, je suis le capitaine des capitaines, les types sont si rigolos qu’il faut que je me foute d’eux, et toujours avec un grand sourire sur les deux coins. Bob avec ta chemise jaune sous les bras, je t’en donne de la motivation. De toute façon, pourquoi toujours être transparent ? La transparence rien que la transparence. Ce n’est pas de la réclame, c’est un constat. Le citoyen démocratique, embobé jusqu’au trognon, est tout ce qu’il a y de plus falot si bien qu’on y voit vraiment à travers. La transparence, elle est déjà là ! Que de sérieux dans cette démocratie à la petite vertu. Faut toujours qu’elle quémande ce qui est déjà validé, comme une femme exige qu’on lui confirme l’évidence. Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? minaude Barbob dans LE MEPRIS de Godard tourné dans la casa come me. Fichtre. La démocratie, c’est Robespierre sur le pot. Faut tout dire, tout raconter, rien cacher, aucun secret et pas de coulisses. Tout est Charlie en scène, en plein dans la lumière. Bientôt un démocrate ira cul nu. Tas de cons. Des va-nues-fesses.
Le rêve aujourd’hui, c’est un président et deux actrices en lutte pour le climat. Mélanie Laurent pose une rascasse sur ses seins et montre son cul. Marion Cotillard darde ses yeux globuleux et mêlécasse qu’elle aime la France. Puis elles accompagnent Hollande dont l’élection a placé au sommet de l’Etat le roi petit-bourgeois. Ce jean-foutre incarne le manager installé qui se tape la secrétaire Gayet attendu que l’acteur et l’actrice sont les larbins de la bob parole. C’est toujours dans la fesse que la démocratie concrétise sa métaphysique. Elle est attirée par le vide et fouille les trous dont elle est sortie.
Lèche-bottes de la pensée gentille, les acteurs récitent le catéchisme égalitariste pour tous sauf les blancs, ce qu’il sont et admettent sans vergogne au moment d’engager des domestiques immigrés. Toujours dans les bons coups, l’acteur. Calcul partiel de ce souillon en démocratie. Soumis au pouvoir, il se gonfle d’importance lorsqu’il porte le prêche de tonton gaucho. Avant, les types défiaient le roi : Racine, Corneille, Molière, Lully se chamaillaient avec le roi soleil, le roi soleil ! pas bob gayet, le roi soleil ! plaçant sans engagement l’art au-dessus de tout, s’effaçant devant lui et sommant le roi d’en faire autant. Par la discussion ! En royauté ! Le droit divin faisait ses devoirs au pied de la scène. Gratuité totale de ces génies en monarchie. Alain Soral a raison de rappeler que les comédiens étaient promis à la fosse commune sous Louis XIV : souvenir taquin de leur infériorité de place que la mort n’annulait pas. Je ne n’applaudis pas mais je ne relativise pas non plus. C’est comme ca, c’est tout. Un fait. Rien d’autre. Bob acteur n’est pas content ? Très bien, qu’il se figure pour se calmer que sa dépouille finit aujourd’hui au Panthéon. Hugo, acteur à la ville et écrivain des prés, avait eu droit à une procession de souverain. Enorme pour un bouffon priapique. Cauchemar bobain...
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26/02/2015
26/02/2015 - Le sport, c'est l'homme
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Le sport continue. C’est la seule violence qui nous reste à nous les modernes. Succédané de notre nature sauvage et barbare, elle est d’autant plus salutaire qu’elle permet de mieux penser qu’assis. Bob tertiaire ne pense pas, il réfléchit - posé sur ses fesses molles. C’est un mol technique qui agit en automate. Lire LA FRANCE CONTRE LES ROBOTS de Bernanos, il développe ce que j’effleure ici. De Villepin, mécheux baroque et rigolo, dit avec emphase qu’en courant, j’ai les idées plus nettes et si claires ! Tout est fluide en mon esprit comme si la lumière inondait mon corps et mon âme. Il a raison. Ne serait-ce que cliniquement parce que l’oxygénation brutale du cerveau lors de l’activité physique provoque l’euphorie grâce à quoi le sportif dope ses instincts. S’il aime penser, il pense plus et mieux et vite. S’il aime rire, il rit plus et haut et fort. Il arrive que de grands coureurs soient saisis d'une crise de fou rire, absolument ; d’autres chialent. J’ai croisé de brillantes joggeuses qui gémissaient, et ce n’était certainement pas à cause d’une peine physique mais d’un accès de passion.
Hier soir, je cours. Je force tant que je finis par dégobiller une bile acide qui monte dans un hoquet créé par le diaphragme. L’habitude. Ca calme, je trompe ainsi les peurs. Ca c’est du sport, pas la marchote à pépé du cadre anémique qui se met bien pour aller choper. Déjà, avec sa gueule enfarinée d’alopécieux, il devrait accepter de se mettre mal pour tirer quelqu’un de son froc. Mes pensées surviennent justement quand l'effort est si intense que l'esprit se détache de son enveloppe. Cela s’apprend avec le temps et avec beaucoup de pratique. Il faut maîtriser sa respiration et c’est dans la course à pied que s’attrape le mieux cette sensation. Le coureur a l’impression de s’observer et de ne plus s’appartenir. Le nageur également, pour peu qu’il ait des épaules à la Breker. Il connait moins rapidement que le coureur la béatitude du souffrant qui annule son mal par la douleur, mais il sait ce savoureux paradoxe.
Un sportif penseur, c’est l’état de l’homme, de celui qui met ses devoirs devant les droits parce qu’il sait qu’au fond, son seul droit est de crever le plus tard possible. Discipline et ascèse. Bob et son orgie de droits sont la pignolade de cons gâtés qui n’acceptent pas la condition humaine qu’ils cherchent à tromper par l’artifice de la réclame. Le droit de vivre, voilà ce que Bob demande. De là qu’il s’entiche de films à grognasse type LA FUREUR DE VIVRE ou de maximes façon Oscar Wilde (qu’il n’a pas lu) Vivre est ce qu’il y a de plus beau au monde, la plupart des gens existent, c’est tout. C’est que bob aspire à l’éternité en étant athée par quoi il privilégie ses âneries transhumanistes sans s’aviser qu’il complote un projet fausto-prométhéen. Au bout : l’échec. Mais bob l’inculte s’en fiche, il est jeune forever. J’encourage le devoir de bien mourir qui aura permis de vivre bien. Savoir mourir, c’est important, or le sport est une façon de l’apprendre.
Etre jeté hors de soi par la force de l’épreuve, c’est une manière d’insurrection. Lutter contre la farce des choses et caresser la mort avant qu’elle vous saisisse. De là l'ironie face à l'horreur, pendant la guerre par exemple, lorsque l'homme, soumis à de terribles chocs, s’arrache à lui-même pour ne pas sombrer dans la folie. C'est ce qui ressort du KAPUTT de Malaparte, gigantesque récit halluciné de la deuxième guerre mondiale sur le front de l'Est dont les seuls équivalents sont LE FEU de Barbusse et LES ORAGES D’ACIER de Jünger. Quels moments de lecture ! Quels livres ! Un fasciste, Malaparte, un anarcho-communiste, Barbusse, et un aristocrate, Jünger. Des hommes, avec des idées fixées au fond des yeux. Tout ca sent le mélo mais parce que je n’ai rien vécu. A part l’exercice physique, je ne connais rien. Je ne donne pas dans le bien-être ou dans le soin avec quoi bob travestit le sport. Il farde tout ce qu’il touche de ses mièvreries de faiblard. J’affirme la nécessité du mal-être ; après seulement on a droit au repos, celui du bienheureux.
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25/02/2015
Taquinerie du 25/02/2015 - Le jeune forever
Hier soir, je me trouve sur le quai à République. Des jeunes de vingt ans. Tout un troupeau. Ils sont étrangers scandinaves. Je l’entends à ces sauts de gorge qui courent dans leur bouche. Ils parlent comme des grands, leur voix est grave, leur aspect aussi. Ils ont tout compris.
Ils semblent concernés. Ca pue la beuh. Bruits de bouteilles, rires et chahuts inquiets, comme s’ils guettaient l’accalmie avec la peur de ne plus pouvoir tromper l’ennui. Ils ne savent pas s’arrêter alors que leur mot d’ordre est de se poser. Je le sais parce qu’ils appartiennent à cette nouvelle race marxiste que Malaparte identifie chez la jeunesse européenne dès 1945. Or se poser est l’antienne du français moderne, jeune forever. Qu’ils soient d’est ou d’ovest, de France ou de Scandinavie, les jeunes forever se miment l’un l’autre par-delà les frontières dissoutes dans l’UE et dans leur esprit apatride. Les cosmopolites de la mode. Ils sont l’internationale de la boberie. Elle se reconnaît à quelques mot-clé qui déclinent le son cool à toutes les ambitions ; existent aussi des vêtements qui popularisent l’idée que la jeune Europe est branchée si elle est sale. Il y a un apparat propre à toute communauté et la boberie s’en tient au grunge quand ce n’est pas la sape étriquée qui transforme leurs membres en gigots. Les jeunes bobs d’hier sont justement vêtus comme des sacs, cheveux dangereux, filles et gars maquillés, oreilles percées par des boulons, hâves et yeux caves. La santé les fuit. Aucune tenue. In, ils sont pourtant sortis de l’espèce mais ne jurent que par les droits de l’homme. Rigolo venant de ces esclaves. Aucun de leurs gestes n’est gracieux, or s’il devait y avoir une intelligence du geste, ce serait précisément la grâce. D’où vient l’avachissement de bob ? D’où viennent ces épaules tombantes du bobard et les hanches stériles de la bobasse ? De leur bêtise – qui perpétue une inclination à la laideur. Par quoi la boberie est bréhaigne et affirme dans sa gestuelle la mort qu’elle porte avec fierté. Ils donneront de bons ouvriers ou, si pap et mam ont vampirisé ma génération durant les trente glorioles, ils occuperont un poste dans le tertiaire où la hiérarchie récompensera la rébellion tolérée, in, de bon aloi que le jeune forever s’entend à appliquer de 7 à 77 ans.
Hier soir. Parmi eux, un clochard. Je le prends pour un des leurs tant son allure est identique à celle de ces cons qui veulent lui ressembler. Le clodo tient son chien en laisse et harangue la boberie. Ca va la jeunesse ?! Puis il montre sa chienne à un couple de vampires. Elle est belle hein ? Il est insistant mais pas méchant, pourtant cela suffit à effrayer mes deux chauve-souris qui trissent deux mètres plus loin. Bizarre, ils tenaient là un bob sincère qu’ils auraient pu défendre dans un touche pas à mon bob qui fût super. Mais bon, paraître et ne surtout pas se mélanger. Et davantage : ne pas être, juste avoir le bon look, et agir comme. Quelle farce grotesque que cette commédie bobique qui ne vit que par prothèses mentales, toutes imitations qui habituent au mensonge et abandonnent la vérité. C’est en cela qu’ils sont des esclaves, parce qu’ils ont renoncé à toute notion d’effort que suppose la quête de soi. Droits droits et encore des droits, ils en bouffent jusqu’à plus groin avant de se poser sur leurs devoirs qu’ils écrasent de leurs grosses fesses.
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