UA-63724026-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

25/02/2015

Taquinerie du 25/02/2015 - Le jeune forever

Pat PokerHier soir, je me trouve sur le quai à République. Des jeunes de vingt ans. Tout un troupeau. Ils sont étrangers scandinaves. Je l’entends à ces sauts de gorge qui courent dans leur bouche. Ils parlent comme des grands, leur voix est grave, leur aspect aussi. Ils ont tout compris.

Ils semblent concernés. Ca pue la beuh. Bruits de bouteilles, rires et chahuts inquiets, comme s’ils guettaient l’accalmie avec la peur de ne plus pouvoir tromper l’ennui. Ils ne savent pas s’arrêter alors que leur mot d’ordre est de se poser. Je le sais parce qu’ils appartiennent à cette nouvelle race marxiste que Malaparte identifie chez la jeunesse européenne dès 1945. Or se poser est l’antienne du français moderne, jeune forever. Qu’ils soient d’est ou d’ovest, de France ou de Scandinavie, les jeunes forever se miment l’un l’autre par-delà les frontières dissoutes dans l’UE et dans leur esprit apatride. Les cosmopolites de la mode. Ils sont l’internationale de la boberie. Elle se reconnaît à quelques mot-clé qui déclinent le son cool à toutes les ambitions ; existent aussi des vêtements qui popularisent l’idée que la jeune Europe est branchée si elle est sale. Il y a un apparat propre à toute communauté et la boberie s’en tient au grunge quand ce n’est pas la sape étriquée qui transforme leurs membres en gigots. Les jeunes bobs d’hier sont justement vêtus comme des sacs, cheveux dangereux, filles et gars maquillés, oreilles percées par des boulons, hâves et yeux caves. La santé les fuit. Aucune tenue. In, ils sont pourtant sortis de l’espèce mais ne jurent que par les droits de l’homme. Rigolo venant de ces esclaves. Aucun de leurs gestes n’est gracieux, or s’il devait y avoir une intelligence du geste, ce serait précisément la grâce. D’où vient l’avachissement de bob ? D’où viennent ces épaules tombantes  du bobard et les hanches stériles de la bobasse ? De leur bêtise – qui perpétue une inclination à la laideur. Par quoi la boberie est bréhaigne et affirme dans sa gestuelle la mort qu’elle porte avec fierté. Ils donneront de bons ouvriers ou, si pap et mam ont vampirisé ma génération durant les trente glorioles, ils occuperont un poste dans le tertiaire où la hiérarchie récompensera la rébellion tolérée, in, de bon aloi que le jeune forever s’entend à appliquer de 7 à 77 ans.

Hier soir. Parmi eux, un clochard. Je le prends pour un des leurs tant son allure est identique à celle de ces cons qui veulent lui ressembler. Le clodo tient son chien en laisse et harangue la boberie. Ca va la jeunesse ?! Puis il montre sa chienne à un couple de vampires. Elle est belle hein ? Il est insistant mais pas méchant, pourtant cela suffit à effrayer mes deux chauve-souris qui trissent deux mètres plus loin. Bizarre, ils tenaient là un bob sincère qu’ils auraient pu défendre dans un touche pas à mon bob qui fût super. Mais bon, paraître et ne surtout pas se mélanger. Et davantage : ne pas être, juste avoir le bon look, et agir comme. Quelle farce grotesque que cette commédie bobique qui ne vit que par prothèses mentales, toutes imitations qui habituent au mensonge et abandonnent la vérité. C’est en cela qu’ils sont des esclaves, parce qu’ils ont renoncé à toute notion d’effort que suppose la quête de soi. Droits droits et encore des droits, ils en bouffent jusqu’à plus groin avant de se poser sur leurs devoirs qu’ils écrasent de leurs grosses fesses.

Les commentaires sont fermés.