07/12/2015
Aristo pays des merveilles - Le 07/12/2015
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Un stagiaire ce matin, assis à ma gauche. Agression : « Alors, tu as fait comme toute la France, tu as voté FN ? ». Pas un bonjour, rien. La colère rentrée, fallait que ca sorte. La politesse : connaît pas.
Physiquement, car il est important de pouvoir dévisager un homme dont on va lire les propos, ce garçon est le croisement de Cambadélis avec Julien Dray.
Moi : « Oui. Enfin non : c’est la France qui a fait comme moi vu que je vote FN depuis toujours. » Lui pouffe comme une douairière constipée qui confondrait son colon avec son vagin. «Non mais enfin, 40% ! Je suis outré. Les gens qui votent FN ne réfléchissent pas. » Moi : « Parce que je ne réfléchis pas ? » Je pense : « Du haut de ton QI de singe, inculte, sous-diplômé, chauve et gras à 27 ans, tu me dis ca à moi, ton ainé en tout pour ne pas dire ton supérieur, sale untermensch ? » Lui sourit, réjoui de m’insulter. La morale est devenue l’intelligence. C’est la règle de l’époque : qui pense bien réfléchit bien. J’ai de nombreux amis qui croient cela. Des ménopausés. Tous sont ignares, mais ils me prennent pour un benêt. Notamment un qui vit au Brésil. Il me donne des leçons au sujet de la France qu’il a abandonnée après y avoir fait ses études financées par les impôts de patriotes qu’il méprise. Il fait de l’argent maintenant. Il vote Fillon, et si d’aventure il devait perdre ses cheveux, il voterait Juppé même quand il sera mort.
Moi au stagiaire : « Le FN est un parti qui a pris le programme du parti communiste en favorisant les nationaux, et il est xénophobe, pas raciste : xénophobe : je ne vois pas le problème, d’autant que l’état d’urgence qui a de bons résultats est l’application par le PS du programme du FN.» Stop ! Sztop ! comme dans Tintin. Le type se fige. Ahuri. Il s’étrangle. « Un état policier ?! C’est ca, il faut un flic à chaque coin de rue qui veillera à ce qu’on ne se gratte pas le cul ? Le FN n’est pas démocratique ! » Voilà qu’il devient grossier : procédé classique du gauchiste. Je me gratte la fesse et lui demande si un agent va débarquer. Il réprime un pet agacé. Je lui explique que lui, gauchiste bobo anticapitaliste, conspue un parti anticapitaliste à la différence du PS et de l’UM-Pet. Je poursuis : « Les partis de gouvernement ont creusé leur tombe tous seuls. Ils méprisent le peuple, enfin, je veux dire les pauvres. Et ils sont racistes, ce sont eux les racistes. J’ai voté communiste vois-tu. Pour les pauvres. J’ai le même souci que celui que tu prétends avoir. » D’une voix enrouée, il demande : « Comment ca ils sont racistes ? Avec qui ils sont racistes ? » Je réponds : « Et bien avec les immigrés, qu’ils enferment dans des quartiers immondes et qu’ils foutent à l’usine. » Lui : « Mais tu voulais faire quoi ? » Moi : « Il y avait mieux à faire, comme les laisser chez eux, ne pas les faire venir. » Il toussote un « Hihihi en effet oui. » Je continue : « Mais ne t’inquiète pas, le FN ne passera pas, ce pays n’est pas démocratique, le premier parti de France sera bloqué par les autres partis qui vont s’allier. » « Ha ! Mais j’espère bien ! » Et cet Artaban de basse-fosse : « Je préfère une dictature socialiste au FN. » Moi : « Donc tu n’es pas démocrate, comme ce que tu dis du FN. » Et je taille, pas la peine de poursuivre avec cet idiot.
On aura leur peau. En attendant, ces bobs crèvent au Bataclan, tués par leurs potes qu’il ne faut pas toucher : des intouchables n’est-ce pas. S’est-on déjà avisé du racisme de ce slogan ? Touche pas à mon pote. Il est sale ? Il pue ? Il ne sert que le dumping social sans doute. Derrière ce racisme : le mépris de classe. Ca touche les allocs, ca fournit le grand capital qui touche des profits, mais touche pas à mon pote. Il croupira dans le costume qu’on a décidé qu’il devait enfiler au PS, au MEDEF et à l’UM-Pet. Seulement, le pote n’est pas si bête, il a compris le foutage de gueule. Un peu de dieudonnite mâtinée de soraline et hop ! le pote touche par balles les abrutis. Tous ces Frankenstein se font bouffer par leur Golem. Et ils pleurent comme des fiottes. Ils appellent le FN sans le savoir. Ils sont outrés mais c’est pour la forme. Dans le fond, c’est tout contents qu’ils sont. Ils seront protégés. Comme à son intouchable de pote, le gauchiste déléguera le sale boulot. Seulement cette fois mon coco, tu disparaîtras dans tes vesses. On te démolira. Je te démolirai : j’y consacrerai ma vie, je t’éradiquerai de mon pays par la force. Les urnes ? Mais tu les as tuées. Tu les touchées. Tu les as coulées. Maintenant, je vais faire de même avec toi. Tu peux sourire, mais ta grimace t’emportera avec elle comme le chat du Cheshire.
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Vu sur facebook ce matin : Et oui, ce sont majoritairement les pauvres et les non diplômés qui votent FN. Je vous laisse méditer là-dessus. A noter le ton condescendant et professoral très fréquent chez le gauchiste. C’est d’autant plus risible que ce dernier devient avec l’âge celui qu’il n’a jamais été, à savoir le professeur qu’il chahutait en cours pour être populaire au lycée. J’en connais à foise. Des filles surtout. Débiles à l’école, leur pensée de chèvre les rend capables de me tenir tête dans une discussion. Qu’elles croient ! : en général, je les étale en deux répliques.
Le là-dessus est un graphique de corrélation entre le couple [richesse/diplôme] et le vote FN avec la géographie comme variable de contrainte. Je suis ingénieur de l’Ecole Centrale Paris, aussi je jouis d’une solide formation mathématique et connais la limite des outils de corrélation pour mesurer le monde. Les statisticiens ne sont pas des mathématiciens, mais des agioteurs qui prétendent faire parler leurs chiffres. Ceux-ci ne sont que l’écho d’idées préconçues. L’hypothèse d’un statisticien est sa conclusion, un peu comme le GIEC qui rapporte un réchauffement climatique en enquêtant près d’une chaudière adiabatique. Rigolo, non ?
Je réponds au statut : « Donc la France est pauvre et sous-diplômée. Rigolo. » La personne (une femme) riposte : « Je trouve que oui. » J’assène là : « Alors aucune surprise à ce qu’elle soit FN – dans la logique de cette étude en rose menée par les Herlock Sholmès de Solférino. Ces graphiques de scientistes qui subordonnent la lettre au chiffre et plongent l’esprit dans la statistique partent de ce qu’ils veulent démontrer pour l’invalider : c’est très rigolo. » En face : il n’y a plus personne.
Le bob monde a substitué la statistique à la scolastique. La stat remplace la lettre. Elle explique tout. Elle annule le débat. Elle réduit les sociétés humaines à des chiffres, les humeurs à des pourcentages, les envies à des sondages, les élans à des Dirac. C’est une manifestation du matérialisme athée qui fait économie de l’esprit. Seul le nombre importe : que l’Histoire ait souvent été écrite par une minorité agissante n’entre pas dans les considérations des « modèles à vecteur humain ». Un seul coefficient directeur : la masse.
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Un ami ce matin. Il m’oppose que le FN refuse la réalité. Lui vote PS, le parti qui fait abstraction du réel. Devant une telle mauvaise foi qui le dispute à l’aveuglement, rien ne sert à rien. Débattre est inutile. Il ajoute qu’il se sent vieillir à 32 ans. Et m’explique que ce n’est pas pour ca qu’il votera FN, c'est-à-dire que la réalité veut qu’il vieillisse, et le FN n’y pourra rien. C’est imparable.
Je lui réponds malgré tout, parce que ce point me semble essentiel. C’est qu’il révèle la sénescence programmée qui périme les forces vives européennes. Le suicide n’est pas français, il est européen. Ce n’est pas que les jeunes se tuent : ils oublient de vivre. Ils se laissent mourir. Ils s’abandonnent. Et leur pays avec eux. C’est un suicide collectif par omission volontaire. La déprime leur a été inoculé par les discours victimaires et repentants des gauchistes. Ami : comment à 32 ans peux-tu te dire vieillissant ? Ne crois-tu pas que c'est précisément cette France socialope qui te fait dire ça ? Cette France de sénateurs. Cette France obèse. Cette France enceinte de soi et engrossée par le fondement. Comment est-on arrivé à ce qu'un garçon comme toi se dise vieux à 32 ans ? Prenons mon cas : je n'ai jamais été si fort. Et plus je pense mal (je dis cela car tu es sourd à toutes mes argumentations, c'est aussi pour ça que je te prends aux sentiments), plus je deviens fort. Dur en haut et en bas, comme la forge. La jeunesse ? Elle veut tout, elle obtient plus. La vieillesse ? Elle obtient moins, elle veut rien. Serais-tu donc ce vieux avant l'âge qui subit ? Vieux à 32 ans : titre parfait pour une chronique. Merci.
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Samedi après-midi, je suis dans le métro sur la ligne 1. En face de moi, quatre adolescents. Une fille et trois garçons. Ils racontent l’histoire d’une de leurs camarades qui a voulu se suicider. Elle a sauté du deuxième étage et s’est cassé le bras. « Elle pleurait » dit l’un de ces cons - et le petit groupe de s’esclaffer. L’adolescence, rien à signaler m’opposera-t-on. L’âge ingrat. Voire. Il est vrai que les ados sont cruels mais à voir la mine défaite de la grand-mère qui entendait ce que j’entendais, ca m’a paru moins évident. Ce n’est pas tant ce qu’ils disaient que le lieu où ils s’exprimaient qui importe. Les ados de tout temps et de tout pays ont dit les pires horreurs dans le secret de leurs réunions. Etaler dans le métro, c’est-à-dire dans un lieu public confiné où tout le monde s’écoute, y étaler, donc, leur vilenie, atteste de la banalité du mal qui s’installe chez ces jeunes fats. Leurs cris, et plus largement leur impolitesse, renforçaient le malaise que leur détachement ne laissait pas de provoquer chez la grand-mère et moi. La détresse humaine, une jeune personne qui saute, qui se blesse, qui souhaite peut-être conserver la dignité qui lui reste en conservant pour soi ses malheurs, tout cela s’affaissait dans le mépris affiché par ce groupe. Je sais bien que la sphère publique écrase le privé en l’invitant de force à s’exhiber. Il paraît que c’est la fierté. L’âge du fier disait Muray. Je sais que plus personne n’a rien à cacher. La société spectaculaire est une assignation à comparaître. Le monde de la paix convoque ceux que la guerre conscrivait. Je connais que la réalité précède et annonce tout sans pour autant que le réel soit lu avec attention. Mais que penser de ce dédain affiché pour autrui, c'est-à-dire pour un proche et pour l’entourage ? Je suis certain qu’une sévère paire de taloches aurait suffi à réveiller ces abrutis. Il aurait fallu les brusquer au lieu que s’installe un furieux sentiment d’impunité qu’ils associent à la puissance.
Ce fut un étonnant hasard parce que je sortais du film KILL YOUR FRIENDS qui est l’histoire d’un sociopathe devenu tel à cause de la furie capitaliste. Je retrouvais chez les jeunots la même méchanceté dont fait montre le personnage principal. C’est le même cynisme à peu de frais que le public prend pour la dernière intelligence. Tout ceci me plongea dans une méditation intense. N’ayant pas de réponse appropriée aux questions que me pose ce siècle, je trouvai refuge dans un livre de Drieu au titre taquin : NOTES POUR COMPRENDRE LE SIECLE. Clin d’œil étrange. Comme si un fil invisible conduisait les pensées avant d’en rendre le but initialement caché.
L'Aristo dit que bob effacera bien assez tôt son sourire.
18:24 | Lien permanent | Commentaires (0)
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